Accueil

 

Le Moyen Âge

La Renaissance 

Le XVIIe siècle

Le XVIIIe siècle

Le XIXe siècle

Le XXe siècle


Théorie littéraire

Genre et courant littéraires

Analyse littéraire

Paragraphe fermé

Marqueurs

Figures de style

Lire la poésie

Lire le théâtre

Analyses

Nicolas Fouquet

Baudelaire et Musset

Gautier et Maupassant

Le Bourgeois gentilhomme

Vie de Molière

Thérèse Raquin

Thérèse Raquin 2

Blogue

Courriel

© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach
POUR LIRE LE THÉÂTRE

Il faut bien se rappeler que le théâtre n’est pas d’abord fait pour être lu : il est fait pour être joué sur scène, par des acteurs, donc vu et écouté par des spectateurs. C’est pourquoi il existe tout un code dont il faut tenir compte à la lecture d’une pièce de théâtre.
     Tout d’abord, il faut comprendre la division du texte en actes et en scènes. L’acte est la partie d’une pièce de théâtre qui correspond à une étape importante dans le déroulement de l’action. Il s’y passe donc un événement essentiel autour duquel sont regroupées les scènes. Notez que le numéro de l’acte s’écrit en chiffres romains. Une scène est la partie d’un acte qui correspond à l’arrivée ou au départ d’un ou de plusieurs personnages. C’est de cette façon que progresse l’action. Notez que le numéro de la scène s’écrit en chiffres arabes.
     Vous remarquerez, avant d’entamer votre lecture, que tous les personnages sont brièvement présentés avant le premier acte, de sorte que l’on puisse comprendre les relations qu’ils entretiennent et le rôle qu’ils jouent dans la pièce. À la suite du numéro de l’acte et du numéro de la scène, on énumère le nom des personnages qui sont sur scène, que voit le public. Ce sont ensuite ces noms qui sont repris dans les scènes : ils indiquent qui parle. Chaque réplique est précédée du nom du personnage qui la donne.
     Règle générale, les personnages sur scène parlent entre eux. Chaque prise de parole dans le dialogue est ce qu’on appelle une réplique. Mais il arrive que ce dialogue se change en monologue. Il peut s’agir alors d’une longue tirade que récite un personnage seul sur scène, comme s’il se parlait à lui-même. Dans une pièce en vers comme le Cid, il peut arriver qu’un monologue soit constitué d’un ensemble de strophes en vers de longueur variée. C’est le cas à l’acte I, scène 6, où Rodrigue réfléchit sur un sujet grave. Les vers sont alors de longueur variable, mais leur ton est personnel et émouvant. Ce sont des stances.
     Il faut comprendre que le monologue est le seul moyen qu’ont les auteurs de théâtre de montrer ce qui se passe dans la tête des personnages, de montrer leur psychologie. En effet, si un roman permet facilement de savoir ce que pense un personnage, cela est impossible quand on le voit sur une scène. Il arrive ainsi qu’au lieu du monologue, l’auteur utilise l’aparté pour permettre au spectateur de connaître ces pensées. Règle générale, le comédien se détachera du groupe d’acteurs pour s’avancer près du public, qu’il regardera en disant le fond de sa pensée. Il existe un excellent exemple d’aparté au cinéma, dans l’adaptation d’Othello, de Shakespeare, par Kenneth Branaugh, qui y tient le rôle de Iago – pour s’adresser au public en privé, il s’avance alors vers la caméra, ce qui donne un air de confidentialité à ses propos.
     Afin qu’on puisse mieux s’imaginer les personnages en train de représenter la pièce, les auteurs nous donnent divers indices visuels. C’est le cas, on l’a déjà dit, avec les noms des personnages en tête de chaque réplique. Les différentes indications scéniques, qu’on appelle didascalies, renseignent le lecteur d’une pièce de théâtre sur l’espace où se déroule l’action, sur le décor ou les costumes, ainsi que sur le jeu. Règle générale, ces indices sur la mise en scène seront écrits en italiques et entre parenthèses. En fait, tout ce qui n’est pas dit par les personnages est une didascalie.


Adapté en partie de Marie-Josée Nolet, notes de 1998-1999.