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© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach
Ce texte n'est pas une analyse, mais une présentation orale de deux étudiants, Mathieu Nadeau et Michael Poulin, du Cégep de Lévis-Lauzon qui ont aimablement accepté que nous la repoduisions ici.
© Mathieu Nadeau et Michael Poulin, 2007


Nicolas Fouquet

Animateur, débit rapide : Bonsoir à la maison, ici Yves Corbeil pour Roue de fortune. L’émission a pris de l’ampleur, nous ne sommes plus à TQS, donc nous avons le luxe d’aller partout, ce qui explique notre présence à Paris ce soir. Voici donc notre grand gagnant, issu du XVIIe siècle, le surintendant des Finances de Louis XIV, monsieur Nicolas Fouquet! Oui, mesdames et messieurs, les riches gagnent plus souvent qu’autrement. Monsieur Fouquet, vous paraissez bien pour un individu mort!

Fouquet : Oui, merci.

Animateur : Justement, histoire de faire changement, nous allons débuter par la fin, si vous voulez bien.

Fouquet : Allez-y, je vous en prie.

Animateur : J’irai droit au but : expliquez-nous les circonstances de votre mort.

Fouquet : D’abord, je suis mort en 1680, dans la forteresse des Alpes. La cause physique de la mortalité n’est toujours pas clarifiée, mais entendons-nous pour dire que dix-neuf ans d’emprisonnement n’ont pas aidé non plus!

Animateur : Emprisonné, vous?! Puisque le régisseur m’informe que j’ai du temps à combler parce que notre assistante Natacha a du mal à faire fonctionner la roue et le boulier, revenons au tout début de votre existence afin de comprendre votre emprisonnement.

Fouquet : Avec joie! Je suis né en 1615, ici même à Paris. Ma mère était de souche noble et mon père était un armateur et un homme de confiance du Cardinal de Richelieu, un contact à privilégier à cette époque. Adolescent, je fus éduqué par les Jésuites du Collège de Clermont. Avant tout, j’étais passionné par la pharmacie et la chimie, mais finalement, les chiffres constituèrent le principal atout de ma carrière.


Animateur : Évidemment, comment oublierait-on le célèbre surintendant des Finances? Quels chemins vous ont mené à cette prestigieuse occupation?

Fouquet : À la suite des postes à responsabilité qui me sont confiés en province en tant que trésorier de l’Abbaye St-Martin de Tours et de mes études en Droit, qui m’ont encouragé à m’inscrire au tableau des avocats, mon père m’obtint une charge au Parlement de Metz. Vers 1638, je lui succédai dans la Compagnie des Îles d’Amérique, compagnie qui s’effondra quatre ans plus tard. En 1647, je fus promu intendant de la justice à Grenoble. Enfin, en 1653, je fus nommé surintendant des Finances par le cardinal Mazarin afin de renflouer les caisses de l’État. Je pus m’enrichir à cet office, car il faut comprendre que les coffres étaient à leur plus bas à la suite de la guerre de Trente Ans; j’eus de brillantes idées pour les remplir.

Animateur : La royauté a dû vous faire largement part de sa reconnaissance. Rien de mieux pour compléter une ascension sociale et professionnelle! Comment avez-vous investi vos avoirs, si vous étiez riche à ce point?

Fouquet : Je vais être honnête avec vous, je me vautrais dans le luxe! Comme Louis XIV, j’aimais bien l’art, le théâtre, bref, les artistes en général. Aussi fus-je mécène pour plusieurs artistes influents de l’époque.

Animateur : Nous avons le temps pour des exemples, mon cher monsieur Fouquet.

Fouquet : Certes. Je protégeais les auteurs Lafontaine et Molière, les peintres Poussin et Le Brun et le jardinier paysagiste Le Nôtre, entre autres. Je privilégiais différents domaines artistiques.

Animateur : Bien aimable. Mais il ne devait pas y avoir que cela; le public à la maison veut rêver davantage de gagner des sommes faramineuses, n’auriez-vous pas eu un coup de tête extravagant qui vous a fait établir votre fortune?

Fouquet : Coup de tête, non. Extravagant, oui! En 1656, la construction de mon château, le somptueux et grandiose Vaux-le-vicomte, débuta sous la direction de l’architecte Louis Le Vau. Vers 1661, il fut entièrement érigé, ce château considéré aujourd’hui comme un modèle du classicisme. Les jardins titanesques qu’on y retrouve furent aménagés par nul autre que mon ami Le Nôtre. La décoration intérieure fut signée Le Brun. Tout concorde!

Animateur : Et, bien sûr, cette même année marque la mort du cardinal Mazarin. Le Roi-Soleil n’était-il pas contrarié de constater votre sublime château surpasser sa richesse, lui qui prônait le despotisme?

Fouquet : Bien entendu. D’ailleurs, la mort de Mazarin amena Jean-Baptiste Colbert, l’intendant privé du cardinal, comme nouvel homme de confiance du Roi. Puisque j’étais un des plus puissants de France, il voulut me détrôner, façon de parler. Peu à peu, Colbert convainquit le Roi de ma responsabilité concernant certaines confusions financières ainsi que de ma soi-disant traîtrise. Il avait en grande partie raison, je dois l’admettre, malgré son exagération...

Animateur : Ah, je vois, si nous résumons grossièrement, ce sont l’acharnement de Colbert, votre enrichissement personnel et vos détournements de fonds scandaleux qui ont scellé votre destin funèbre. Donc, quel fut le verdict Louis XIV?

Fouquet : Il me fit arrêter puis traîner en justice pour des motifs de fraude, dans un long procès en partie falsifié par Colbert. En fait, en me traitant de la sorte, Louis XIV a secrètement satisfait sa jalousie de mon opulence haute en couleur, visible lors de la fête que j’avais organisée à Vaux-le-vicomte en l’honneur de la cour et du Roi! Bien qu’il voulût me faire décapiter, Louis XIV dut se soumettre à la sentence des juges, qui demandaient le bannissement, puis je fus emprisonné à vie. Vous connaissez la suite!

Animateur : Bien sûr! Quelle histoire farfelue! Alors si vous voulez bien tourner la roue, qui est maintenant prête, monsieur Fouquet, pendant que nous laissons les téléspectateurs dans le désarroi!



MÉDIAGRAPHIE COMMENTÉE


http://www.vaux-le-vicomte.com/histoire-chateau-Nicolas-Fouquet.php : Le site officiel de Vaux-le-vicomte, château historique préservé à son plus fidèle aspect du temps de Fouquet. On y trouve l’histoire du château et la section sur Fouquet est développée de façon intéressante et semble valide, puisque le site officiel de Vaux-le-vicomte se doit de donner les bonnes informations sur son principal occupant. À cet effet, c’est une source à privilégier.

http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article178 : L’auteur du site le décrit comme suit : « Ce site n’a pas la prétention d’être un cours d’histoire, mais plutôt une évocation de personnages, lieux et faits historiques. Il vous conduira au coeur des quartiers de Paris, par les lignes du métro parisien à la rencontre de l’Histoire et des personnages qui la construisent ». Le webmaître pourrait paraître une référence très moyenne, mais les sources où il puise son information sont bien crédibles, contenant de nombreux livres sur Paris et son histoire, ses rues, ainsi que des ressources diverses tel un article d’Edmond-René Labande, professeur à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de Poitiers.

http://leportaildesantiquaires.com/index.asp?ID=626 : Un site historique sérieux, comme les auteurs le mentionnent : « Le portail des antiquaires a répertorié pour vous près de 1800 sites Internet des professionnels de l'antiquité et des métiers d'art, en France essentiellement, ainsi qu'en Europe et désormais dans chaque grand pays du Monde ». Peut-être pas le meilleur en ce qui concerne les personnages du XVIIe siècle, mais on y décèle bien le cadre de la société par l’art, Vaux-le-vicomte étant en soi une œuvre marquante du classicisme.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Fouquet : Davantage une ligne directrice pour guider le travail, source d’information plus ou moins fiable par moments. Faits divers cocasses, mais durs à valider.